View: Enseignement de l'informatique en France

Translate

vendredi 16 août 2013

Enseignement de l'informatique en France



Le monde devient numérique : l’enseignement de matières telles que l'informatique est donc devenu incontournable aujourd’hui. En France, l'enseignement de l'informatique est assuré par différentes structures tout au long du cursus scolaire.

Enseignement à l’école primaire et au collège

L'enseignement de l'informatique aux Primaires a été faite avec l'introduction des micro-ordinateurs autour des années 1980s. Les enfants de la génération radio-libre ont fait leur initiation par eux-mêmes le plus souvent dans des magasins "d'informatique" (de matériel ou de librairie spécialisée en électronique, en science informatique). Le LOGO, le Basic sont les langages de programmation qu'ils ont découverts à cette époque.

Certification B2i

Depuis la rentrée 2012, à l'école et au collège, un nouveau moyen d’initier les élèves à l’informatique est l’obtention du Brevet Informatique et Internet (B2i). Cette formation répond au besoin de chaque futur citoyen d’acquérir les connaissances qui lui permettront de faire une utilisation raisonnée et responsable des technologies de l'information et de la communication.
Le B2i n'est pas un examen mais une "attestation de compétences". Il permet d'attester du niveau acquis par les élèves dans la maîtrise des outils multimédia et de l'internet. C’est un outil pédagogique qui prend en compte les transformations des usages du numérique dans la société actuelle. Dans toutes les disciplines et en diverses circonstances, les élèves utilisent des technologies de l'information et de la communication qui sont des outils au service de ces activités. L'obtention du B2i valide les compétences acquises au cours de ces activités.
Le B2i permet d’évaluer les élèves sur cinq domaines:
  • Domaine 1 : s’approprier un environnement informatique de travail ;
  • Domaine 2 : adopter une attitude responsable ;
  • Domaine 3 : créer, produire, traiter, exploiter des données ;
  • Domaine 4 : s'informer, se documenter ;
  • Domaine 5 : communiquer, échanger.
Les évolutions d'internet et le développement des usages pédagogiques du numérique conduisent à la rénovation régulièrement des référentiels de compétences du B2i école et du B2i collège. Vous pouvez retrouver les détails de ces référentiels en suivant les liens suivants:
Critiques du B2i:
Constat du rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous sur la modernisation de l’école par le numérique1 : « Le B2i ne prend en compte ni la capacité à pouvoir se former tout au long de la vie, ni les connaissances techniques de base nécessaires pour comprendre les outils numériques. » Dès lors, le B2i, en l'absence de finalité pédagogique claire et d'une formation adéquate des professeurs, ne peut être considéré comme un enseignement à part entière de l'informatique, alors que le rapport Fourgous conclut que « La mise en place d'une matière informatique est une nécessité dans une société où tout fonctionne via le numérique. »

Enseignement Secondaire (lycée)

En 2008, une certaine prise de conscience se fait jour en France pour un enseignement spécifique de l'informatique et des technologies de l'information et de la communication tout au long de la scolarité. Une des réflexions en cours est celle portant sur le lycée. Deux associations sont à la pointe de cette réflexion:
En effet il semble que l’enseignement de l’informatique au lycée permette de mieux comprendre les enjeux sociétaux concernant l’utilisation des sciences scientifiques dans la société, les mutations engendrées ainsi que les mécanismes fondamentaux qui régissent ces mutations. Il semble donc intéressant d’inclure dans le programme scolaire des initiations à la culture informatique.[non neutre]

Classe Seconde et Première

Les programmes de Mathématiques des classes de Seconde et Première contiennent une initiation théorique à l’algorithmique.

Classe Terminale

De plus en plus omniprésents dans la vie des étudiants, les ordinateurs et les objets numériques font désormais partie intégrante de leur vie privée et de leur futur professionnel. Il n’est donc pas surprenant que le ministère de l’Education Nationale ait souhaité enrichir la série scientifique S d’un enseignement de spécialité: Informatique et sciences du numérique (ISN). Pour élaborer le programme de ce nouvel enseignement, le ministère s’est tourné vers l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA).
Ainsi depuis la rentrée 2012, les élèves de terminale série S peuvent opter pour cette option de spécialisation. L’objectif de l’enseignement de spécialité ISN en classe terminale de la série S n’est pas de former des experts en informatique, mais plutôt de fournir aux élèves quelques notions fondamentales, de développer chez eux des compétences de base en informatique (algorithme, langages de programmation, architectures matérielles, connaissance des ordinateurs et des logiciels, sécurité des données...), de les intéresser aux sciences du numérique (internet, réseaux sociaux, objets numériques, représentations 3D, sécurisation des données...), de les sensibiliser aux problèmes sociétaires induits (respect de la vie privée, propriété des œuvres numériques).
Il s’agit donc d’un enseignement d’ouverture et de découverte des problématiques actuelles, adapté à la société d’aujourd’hui, qui valorise la créativité, prépare au monde de demain et permet de mieux s’orienter. Le programme est construit autour de quatre notions fondamentales :
  • Représentation de l’information
  • Algorithme
  • Langage
  • Architecture

Enseignement Supérieur

Les élèves qui souhaitent poursuivre des études supérieures, dans le domaine de l’informatique et des sciences du numérique, peuvent le faire en prenant différentes voies. Plusieurs options leurs sont proposées en France: des études courtes orientées technique ou des études longues qui allient technique et théorie.

Études courtes (2ans)

BTS
Les BTS (Brevet de Technicien Supérieur) informatiques forment aux métiers de l’informatique. On recense en France :
  • 104 établissements donnant un statut d’étudiant et 29 donnant un statut d’apprenti
  • Le taux de réussite de ces filières est très satisfaisant :
statut scolaire : 81%
statut apprenti : 76%
  • Les admis dans cette filière proviennent à 69% de bac STI2D, à 16% de bac pro et à 13% de bac S.
La formation proposée par ces établissements peut être résumée comme suit:
Horaires hebdomadaires en 1ère année: 32 H Français (3h) ; anglais (2h) ; mathématiques (4h) ; physique appliquée (4h) ; économie et gestion d’entreprise (1h) ; informatique industrielle (18h) Enseignement facultatif : langue vivante (1h)
Horaires hebdomadaires en 2ème année: 33 H Français (3h) ; anglais (2h) ; mathématiques (4h) ; physique appliquée (4h) ; économie et gestion d’entreprise (1h) ; informatique industrielle (19h) Enseignement facultatif : langue vivante (1h) Il est également à noter que les étudiants ont l’obligation d’effectuer un stage de 6 semaines en fin de 1re année.
Débouchés: Le technicien supérieur développe et exploite des systèmes informatiques, aussi bien au niveau matériel que logiciel, assure leur maintenance et leur commercialisation. Il travaille dans 3 principaux types d’entreprises : les sociétés de services en informatique industrielle, les entreprises utilisatrices ou réalisatrices d’équipements informatisés. Il est amené à exercer dans divers domaines, comme les industries de transformation, les transports, la santé… Il est capable de satisfaire le besoin du demandeur, de respecter les délais et les coûts, de respecter des critères de qualité et de communiquer, notamment en anglais, avec les différents services et les utilisateurs finaux.
DUT
Le diplôme universitaire de technologie (DUT) est un diplôme universitaire national de l’enseignement supérieur français, sanctionnant les deux premières années d'études dans un institut universitaire de technologie. Cette formation est orientée vers l’insertion professionnelle des étudiants, mais propose aussi une solide formation théorique qui permet la poursuite d’études vers une certification de niveau supérieur (licence générale ou licence professionnelle, master, diplôme d'ingénieur ...). Le DUT est un diplôme plus généraliste que le BTS.
En France on recense 68 établissements proposant différents statuts:
  • Statut scolaire : 44
  • Apprentissage : 12
  • Année spéciale (après un bac+2) : 12
Le taux de réussite de cette filière est estimé à environ 51%. L’origine des étudiants admis est à 74% du Bac S, à 17% du Bac STI2D, à 4% du Bac ES et à 4% du Bac STG.
Le volume horaire de cette filière peut se résumer ainsi :
1ère année: Informatique (algorithmique et programmation, architecture, systèmes et réseaux, outils et modèles du génie logiciel) : 495 H Connaissances et compétences générales (mathématiques, économie et gestion des organisations, langues, expression, communication) : 495 H Projet Personnel et Professionnel : 30 H
2ème année: Informatique (algorithmique et programmation, architecture, systèmes et réseaux, outils et modèles du génie logiciel, modules complémentaires) : 255 H Connaissances et Compétences Générales (mathématiques, économie et gestion des organisations, langues, expression, communication) : 255 H Projets tutorés et Projet Personnel et Professionnel : 300 H Stage : au moins 10 semaines.
Débouchés: Le titulaire d’un DUT informatique est capable de participer à la conception, la réalisation et la mise en œuvre de systèmes informatiques aux services des utilisateurs. Ces informaticiens doivent être compétents sur le plan technologique, connaître l'environnement socio-économique dans lequel ils auront à exercer leur profession, posséder une bonne culture générale et se montrer aptes à la communication.

Études longues (à partir de 3 ans)

Écoles d'ingénieurs
Il est possible de suivre des études d’ingénieurs en vue d’obtenir un diplôme d’ingénieur en informatique. En effet une petite centaine d’écoles d’ingénieurs, amenant au niveau bac + 5, proposent aujourd’hui des cursus en informatique. Elles dispensent une formation scientifique large et pluridisciplinaire et recrutent dès le baccalauréat, après une prépa ou après un bac + 2.
Certaines de ces écoles sont généralistes et proposent des spécialités/options/dominantes informatiques, d’autres se focalisent exclusivement sur l’informatique, voire sur une technologie ou une spécialisation particulière : logiciels, télécoms et réseaux, langage java, etc.
Les élèves apprennent à développer leur culture scientifique, peuvent réaliser des projets pour des entreprises et mettent leur connaissances et acquis en pratique lors de stages obligatoires. À la fin de leur cursus, les élèves se voient attribuer le titre d’ingénieur en informatique (par la Commission des titres d’ingénieur) qui leur confère un statut d’expert ainsi qu’un très bon niveau en anglais (niveau B2).
Débouchés:
Les métiers auxquels peuvent prétendre les élèves titulaires d’un diplôme d’ingénieur en informatique sont divers:
  • Chef de projet informatique
  • Développeur
  • Manager de projet
  • Concepteur/Auditeur/Architecte des systèmes d’information
  • Ingénieur R&D
  • Consultant
  • Technicien réseau
Tout comme les domai­nes d’activité:
  • Télécommunications (services)
  • Technologies multimédias
  • Services informatiques (SSII)
  • Éditeurs de logiciels
  • Audit et conseil
  • Banque et assurances
  • Aéronautique
  • Fonction publique d’état et territoriale
En général la moitié des élèves titulaires d’un diplôme d’ingénieur en informatique trouve un emploi en moins d’un mois. Neuf sur dix sont cadres. Le salaire moyen brut annuel du premier emploi atteint 30 000 euros et peut grimper jusqu’à 40 000 euros. Ainsi il n'y a pas de problèmes majeurs d’insertion professionnelle pour les informaticiens.
Université
Les universités françaises (80) sont des établissements d’enseignement supérieur proposant différents cursus liés à l’enseignement de l’informatique. Les études universitaires classiques peuvent déboucher sur une licence (trois ans après le baccalauréat), un master (deux ans après la licence) ou un doctorat (trois ans après le master).
Ces enseignements sont accessibles pour toute personne titulaire du baccalauréat. Le secteur étant en plein essor, ces formations sont de plus en plus proposées dans les universités françaises. Les embauches dans le domaine repartent à la hausse, ce qui est profitable aux jeunes diplômés. Les recruteurs peinent même à trouver certains profils pour leur entreprise. L’informatique de gestion et l’informatique en système et réseaux, en particulier, sont des secteurs en expansion, tout comme les technologies du net. Les employeurs recherchent des candidats ayant, en plus des compétences techniques, de bonnes capacités en communication et en gestion de projet. Cela favorise donc ce type d’enseignement qui propose à la fois une expérience technique et un savoir théorique, contrairement aux études courtes. De plus, l’autonomie liée à l’enseignement universitaire permet aux étudiants de développer une certaine liberté d’auto-formation aux technologies qui les intéressent.
Débouchés:
En fonction du diplôme auquel accède l’étudiant, différentes voies lui sont ouvertes.
Un titulaire d’une licence informatique peut prétendre aux mêmes métiers qu’un technicien (titulaire de BTS ou DUT) et pourra après plusieurs années d’expérience prétendre à des postes plus élevés. Un titulaire d’un master en informatique peut prétendre aux mêmes métiers qu’un ingénieur. Un titulaire d’un doctorat informatique peut prétendre aux métiers d’ingénieur informatique, de cadre supérieur ou de chercheur dans les multiples laboratoires ou centres de recherche qui se développent de plus en plus aujourd’hui.

Comparaison avec le reste du Monde

Il existe une extraordinaire diversité des situations de l’enseignement de l’informatique à travers le monde. C'est essentiellement dans les pays d' Europe de l'Ouest et d' Amérique du Nord que l'informatique s'est développée dans l'enseignement. Dans les pays comparables au nôtre, l'organisation de l'enseignement est en général décentralisée, et on trouve notamment aux USA et au Canada des situations très variées. Dans la plupart des pays, on a démarré à partir d'initiatives locales et c'est seulement ensuite, quand on s'est aperçu que cette initiative locale ne répondait pas parfaitement à la question, qu'elle était corrigée par des plans nationaux. Les décisions sont en général prises au niveau des districts scolaires et l'État est là pour orienter et pour aider. En France, on a plutôt travaillé en sens inverse, mais au bout du compte on en revient au même point.
Autre caractéristique de ces divers pays : les disciplines jouent un rôle différent de ce qui se passe chez nous, elles sont moins séparées. Il a donc été peut-être plus facile de faire le choix d'une informatique-discipline, souvent liée aux mathématiques, car cela n'entraînait pas les mêmes conséquences sur la création de corps de professeurs et d'horaires spécifiques. On a donc fait, plus que chez nous, ce choix d'une informatique discipline. Cependant, un certain nombre de pays, comme le Danemark par exemple, après avoir fait ce choix, sont revenus à une informatique introduite à travers les disciplines.
En Europe, la France parait aujourd'hui le pays le mieux placé pour l'extension de l'informatique sur l'ensemble des niveaux d'enseignement, sur la mise en place du matériel et sur la formation des enseignants. Le seul pays comparable est la Grande-Bretagne. Quant aux autres pays européens, s'il y a une bonne réflexion en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse, cela s'est moins concrétisé qu'en France.
  • Grande-Bretagne
En Grande-Bretagne, pays décentralisé, la décision d’enseigner l’informatique appartient aux établissements, et les Pouvoirs Publics apportent une aide à l'équipement, d'où un équipement un peu émietté. Aujourd’hui une démarche consistant à supprimer les formations équivalentes à notre B2i comme "nouvelles technologies" (ICT), a été mise en place afin de permettre la création de cours dédiés à l'informatique, la programmation et l'algorithmique.
  • Amérique du Nord
Aux États-Unis et au Canada, il y a pas mal de matériel, mais pas beaucoup plus que chez nous (50 élèves par ordinateur aux USA, 44 au Canada et 60 à 70 en France.) La vue de l'enseignement y est peut-être moins formelle, plus empirique qu'en France et les qualités extérieures, notamment graphiques sont un peu meilleures que chez nous. Il faut noter qu'une certaine crainte s'est exprimée aux USA ces derniers temps de voir les enseignants et les étudiants servir de cobayes de l'industrie. Quant à la formation des enseignants, elle semble moins développée : la qualité des enseignants, extrêmement variable, beaucoup moins homogène qu'en France, ne rend pas toujours facile l'introduction de l'informatique.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire